Le lait, vecteur de développement

La 3ème édition du symposium « Lait, vecteur de développement » a rassemblé les 13 et 14 juin à Dakar plusieurs délégués, dont des acteurs de la filière, des ONG, des chercheurs et des décideurs politiques.

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Organisée par l’Institut sénégalais de recherche en agriculture (ISRA), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD, France) et l’Institut national de la recherche agronomique (INRA, France), avec le soutien de nombreuses organisations dont VSF International, la rencontre avait pour objectif de favoriser les échanges d’expériences autour de la diversité des modèles de développement laitier observés à l’échelle de la planète et d’encourager la mise en place et la structuration de modèles de développement laitier durable.

Stand VSF-IntUne délegation de VSF International composé par des collègues de VSF Suisse, AVSF et VSF Belgique a tenu un stand pour mettre en valeur les approches mis en oeuvre par les différents VSFs et ses partenaires locaux dans la région Sahelienne en soutien de la filière du lait local. Notamment, le stand proposait des outils, des échantillons de produits et des documents de capitalisation des expériences suivantes :

  • Soutien aux coopératives laitières de Casamance, Sénégal ;
  • Structuration de coopératives d’éleveurs et centres de collecte multi-service au Niger et Mali ;
  • Transformation et commercialisation du lait local dans les zones périurbaines de Bamako et Kayes, Mali.

Un poster qui resume les approches promus par le réseau VSF International a aussi été presenté pendant le symposium.

Le developpement laitier en Afrique de l’Ouest a été au centre d’une session dediée du symposium, qui a permis de faire l’état de lieu des enjeux principales de la filière. La forte proportion en Afrique de l’Ouest de la poudre de lait re-engraissé en matière végétale, notamment l’huile de palme clarifiée, reste une preoccupation majeure. On estime aujourd’hui à plus de 75% la proportion de ce produit lacté dans les importations africaine. La production laitière africaine représente, en 2017, 6% de la production mondiale (avec une population représentant 16% de la population mondiale), et le niveau de consommation du lait est encore très bas en Afrique comparé à d’autres régions du monde.

WhatsApp Image 2019-06-12 at 12.29.16Les discussions sur les perspectives de développement de la filière locale ont mis en evidence des approches assez divergents. Si d’un coté la plupart des acteurs africains preconisent une developpement de la filière qui tienne en compte les importants impacts sociaux, les acteurs européens ont une vision assez économique de la filière. Pour ces derniers, la filière locale en Afrique de l’ouest demeure peu compétitive, ce qui justifie la nécessité d’importation de lait en poudre.

En ce qui concerne le secteur privé, à côté des modèles locaux de collecte et transformation (coopératives, centres de collecte multiservice, etc.), on retrouve des acteurs industriels qui font de la collecte du lait local. Néanmoins la quasi-totalité de ces acteurs industriels ne collecte que le lait dans le cadre de sa responsabilité sociale. Ainsi, la proportion du lait local dans leur production est assez marginale (moins de 1% pour certains) et ceci en raison du prix de revient assez élevé de la collecte du lait local.

En reponse à toutes ces problematiques, la société civile, les ONG -dont des membres de VSF international- et les associations de producteurs mènent depuis quelque temps des initiatives de plaidoyer et sensibilisation en faveur de la filière local tant en Afrique (campagne Mon lait est local) qu’en Europe (N’exportons pas nos problèmes). Ces deux campagnes ont aussi été presenté pendant le symposium.

 

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